C’est une petite merveille de pédagogie managériale : le PPA, Partenariat – Public – Privé, présenté comme le garant indépassable de notre destin énergétique. Il faudrait presque s’incliner devant cette ingénierie de la dépossession qui, sous couvert de « bancabilité » nous explique doctement que pour qu’une centrale existe, il faut d’abord que l’État, c’est-à-dire nous tous, accepte de se mettre à genoux pendant trente-cinq ans.

On nous vend la « structure tarifaire » comme une savante alchimie protectrice, mais il ne s’agit là que d’un habile tour de passe-passe visant à privatiser les profits et à socialiser les risques. Quel raffinement dans la cruauté contractuelle que de faire porter le chapeau de la variabilité hydrologique à l’acheteur public, tout en lui faisant signer un chèque en blanc via les garanties souveraines. C’est, en somme, la consécration du risque zéro pour l’investisseur, garanti par la mise sous hypothèque du budget national. C’est le triomphe de la bureaucratie financière sur la technique. L’excellence est ici sommée de se plier à la grammaire des pénalités, transformant nos techniciens en simples agents de conformité au service de la rentabilité d’un tiers. On nous chante les louanges d’un partenariat, mais ce que l’on nous décrit en réalité, c’est une mise sous tutelle de la souveraineté par la complexité.

Au fond, ce discours est une invitation à accepter, avec le sourire, que notre horizon énergétique soit verrouillé par des multinationales pour les trois prochaines décennies. C’est une vision du monde où le politique abdique devant le contrat, où l’intérêt général n’est plus qu’une variable d’ajustement dans une feuille Excel, et où, finalement, on nous demande de remercier ceux qui ont si bien ficelé les chaînes de notre dépendance.

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