Pendant que le peuple se repaît de polémiques stériles sur le tribalisme et les parchemins, les officines du sous-développement scellent l’avenir de nos enfants pour les trente prochaines années à travers un redoutable effet de ciseaux : l’asphyxie par la dette et la cession des actifs souverains.
Ajouter 5000 milliards de dette supplémentaire d’ici 2029 pour colmater les brèches d’un train de vie étatique pharaonique (avec des gouvernements pléthoriques) portera notre passif au-delà des 20 000 milliards de FCFA. Une dette qui, à l’instar des deux décennies passées, n’aura généré aucune richesse structurelle. Les programmes du FMI n’y changeront rien : ils ne font qu’accompagner la perfusion d’un modèle agonisant. Le développement est un viatique endogène. Il exige de tailler drastiquement dans les gaspillages, de réformer l’assiette budgétaire et de redonner de l’oxygène au secteur privé par un véritable assainissement du climat des affaires.
C’est le crime parfait contre la postérité. En signant des Partenariats Public-Privé aberrants – à l’instar du barrage de Nachtigal (10 milliards par mois versés à EDF pendant trente ans), de la concession du terminal du PAD au lobby émirati, ou des montages obscurs de la SNH – nous hypothéquons les rentes minières et énergétiques de notre pays pour quatre décennies.
Comment un État peut-il espérer honorer ses engagements financiers et financer son développement lorsqu’il se déleste, par des contrats léonins, des flux vitaux de son économie au profit d’intérêts étrangers ? Les leçons de Camrail, d’Eneo ou des arbitrages internationaux perdus par le Niger sur l’uranium devraient nous prémunir contre cette amnésie chronique.
Le Cameroun est à la croisée des chemins. Si nous persistons dans cette trajectoire d’endettement improductif et de braderie de nos minerais (or, cobalt, manganèse, nickel), notre pays ne sera plus qu’un simple comptoir colonial, une coquille vide où les promesses politiques ne seront que des mirages.
Il est temps de sonner le tocsin de la responsabilité collective. Nos élites doivent abandonner les habits neufs de l’incompétence pour embrasser l’exigence de la performance, de l’intégrité et de la souveraineté retrouvée.


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