Les lettrés [car ils sont des patriotes] doivent contribuer à l’analyse pour évaluer les risques et menaces qui assombrissent les ciels insolents de quelques espaces péninsulaires ou autres zones transfrontalières. Et, sur les questions cruciales se rapportant à notre sécurité, exercer une revue critique des paradigmes afin de proposer, à ceux qui ont les armes pour métier, des référentiels refondés.

Ainsi, par exemple, à la question du nombre d’emplois créés par le futur Grand Stade de football de Lyon, voici la réponse disponible dans les documents de présentation de ce projet [documents auxquels on peut avoir accès via le lien http://www.grandstadeol.com/faq/ ]. «Les premiers emplois créés seront ceux liés aux travaux du projet. La construction du Grand Stade et de ses différentes composantes devraient en effet nécessiter l’équivalent de 1 500 emplois (en équivalent temps plein) dans le secteur du bâtiment et des travaux publics. Ces emplois toucheraient tous les types de qualification et tous les secteurs liés au BTP. 

Par ailleurs, quant le stade fonctionnera, les stadiers devraient voir leur nombre doubler (400 à 500 aujourd’hui à Gerland et 800 à 1 000 en fonction des matchs avec le projet de Grand Stade). La majorité de ces nouveaux postes devraient être recherchés auprès des populations des communes voisines de Décines, Meyzieu et Chassieu. 

De même, les postes liés au déroulement des matchs (hôtesses, serveurs, personnel de vente des boutiques) devraient voir leur nombre aussi doubler pour passer à 800 voire 1000, contre 400 à 500 aujourd’hui à Gerland. 

Enfin, nous aurons 800 emplois permanents sur le site (siège de l’OL, bureaux, centre de loisirs, hôtels, restaurants).» 

Il me semble que le projet du port en eaux profondes de Kribi n’a jamais été présenté aux Camerounais avec ce luxe de détails. Oubli ou… mépris?! La transparence est pourtant une condition nécessaire. Pour l’efficacité. Et pour la construction d’une communauté responsable. Aujourd’hui, comment allez-vous dire aux responsables de ces dispositifs qu’ils ont échoué dans la démarche qu’ils devaient entreprendre, si vous n’avez aucun élément sur lequel juger la pertinence, la performance et l’efficacité de leur action?! 

D’ailleurs, pourquoi évaluer ce que le Gouvernement a fait?! Cela signifierait que ce Gouvernement-là, dans le temps qui précède celui de la campagne électorale, ait rempli sa mission évidente d’information et de relations transparentes avec le citoyen, avec le peuple camerounais. Ce qui ressemble à une mission impossible tant notre Etat est en crise. Crise de la décision, la puissance publique ayant cessé depuis longtemps d’être au service de l’action et de la réforme. Crise morale, dans laquelle s’additionnent corruption, collusion d’intérêts et népotisme, gabegies de toutes sortes, l’Etat ne fonctionnant plus que pour lui-même et ses agents. 

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