1. Cogiter. Imaginer. Proposer. Ouvrir les chances d’une re-construction des organisations urbaines. Quand la décomposition de nos mégavilles fomente des formes et des trames qui bousculent les topologies politico-mentales établies. Pour nous inviter hors du champ balisé des philosophies coutumières. 

2. Cogiter. Imaginer. Repenser l’espace vécu en commun.  Explorer autrement les matières du quotidien. Agencer de nouvelles constructions sociétales. Éclairer nos modes de vie contemporains.  Nos usages. Nos pratiques. Nos trajectoires… 

3. Notre Constitution reste un incroyable et improbable édifice, produit d’une conjonction de circonstances et de manœuvres, conduisant à maintes possibilités sauf à l’édification durable et pérenne, d’une Nation. 

4. Trop d’impasses comme cet oubli trop prolongé pour ne pas être suspect de l’installation de certaines institutions, Sénat, Conseil Constitutionnel, notamment. Trop de raccourcis comme cet usage trop systématique pour ne pas être suspect de formulations qui n’appartiennent pas aux catégories de la science juridique, la fameuse «mise en place progressive», notamment.  Trop d’artifices, trop de nombreuses les promesses oubliées, reportées, différées, trop injustices qui minent le vivre-ensemble, trop de discours qui imitent la propagande, trop d’inflexions qui folklorisent nos institutions.

5. Les Diafoirus au verbe incolore occupent l’espace médiatique pour tracer/justifier les territoires de leurs ambitions. Cependant une extrême médiatisation et l’inflation de la renommée ne sont pas synonymes de légitimité. Ni de capital politique susceptible d’être mathématiquement converti en majorité qualifiée de citoyenne. 

6. La sélection par décret [et la dé-sélection par l’Epervier] ajoutée à l’anomie d’un marché idéologique étrangement timide sur la question du changement et avare, de fait, en propositions alternatives, sont des obstacles sérieux à l’établissement d’un système véritablement démocratique. Pourtant s’installe dans l’opinion que les personnalités mises en accusation dans le cadre de l’opération dite Epervier ont un avenir comme potentiels candidats à la candidature… notre démocratie ne mérite-t-elle pas mieux pour composer sa classe politique?

7. La vie politique camerounaise est confisquée par un enjeu unique : si certains, prétendument porteurs de projets alternatifs, face au RDPC, ont un programme [«Biya Must Go»] qui tient sur un ticket de bus, très nombreux, au sein de la formation de Mr Kuete ont un objectif que l’on peut résumer avec une économie de mots : «Biya Must Stay» ! 

8. Ne peut-on pas s’affranchir d’une causalité nocive qui fait de la figure du présidentiable le point qui seul clive les opinions ? Et si le vrai changement à exiger n’était pas, en réalité, un changement des formes du système politico-administratif ? Si en effet, avec ou sans l’Epervier, les pseudo-militants sans convictions et autres cartographes des territoires du Pouvoir, toutes ces figures détestables et décadentes dans leurs habits de certitudes et d’esquives ne nous éloignent pas du véritable combat, celui d’un changement de paradigme?

9. Education, alimentation, eau, santé, transports, production vivrière, amélioration de la dépense publique, fiscalité, citoyenneté, solidarité, sécurité… il y a tant de choses à refaire. Et l’on ne peut pas se contenter d’un jeu d’attrape-nigauds.

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