Aborder la gouvernance moderne sans interroger le rôle de la chefferie traditionnelle serait passer à côté de l’essentiel. D’un côté, on brandit la tradition comme un totem folklorique lors des meetings ou des campagnes électorales ; de l’autre, on réduit des autorités morales séculaires à de simples supplétifs administratifs, voire à des agents électoraux corvéables à merci.

Si la chefferie traditionnelle doit retrouver une place de choix dans la régulation sociale et la justice de proximité au Cameroun, c’est à la condition expresse de s’émanciper de la tutelle politicienne qui l’aseptise. Elle ne doit plus être ce relais docile du pouvoir central qui valide l’arbitraire, mais un véritable contre-pouvoir éthique et culturel, ancré dans les communautés et capable de dire non aux excès de la modernité politique.

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