Faire du neuf avec du vieux relève de l’illusionnisme politique. Maintenir une machine pléthorique d’une soixantaine de ministères ne relève pas d’une gestion publique avisée, mais d’une vaste entreprise de sinécures et de clientélisme. À quoi rime cette balkanisation ministérielle sinon à diluer les responsabilités, à transformer chaque portefeuille en un petit royaume clientélaire et à vider les caisses de l’État au profit du fonctionnement au détriment de l’investissement ? Un État sérieux se pilote avec des équipes resserrées, focalisées sur l’essentiel, loin de ces supermarchés administratifs où l’on s’agite beaucoup pour ne rien produire.
Pourquoi persister à plaquer des schémas institutionnels européens pluri-centenaires sur des sociétés aux dynamiques profondément différentes ? Entre une Assemblée, un Sénat, un Conseil Économique et Social et un chapelet de chambres consulaires, le citoyen assiste à un millefeuille institutionnel coûteux et largement hors-sol. Le mimétisme institutionnel produit un divorce permanent entre la loi écrite dans les salons de la République et la réalité vécue par les populations.


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