NON RETOUR

Nous voulons l’amélioration des processus produisants et modifiants les statuts, les cadres et les modes de vie au sein d’un territoire de plus en plus urbain concerné désormais par de nouveaux registres et des enjeux (éducation, logement, déplacements, sécurité, travail/revenu…) à revisiter. Les lettrés ont tant de combats à gagner. Avant que ne tombe la pluie.

La mémoire des hommes, des voyageurs, de quelques pharisiens et autres zélotes zélés rapporte qu’en des temps anciens où les comportements civils étaient quadrillés, codifiés, verrouillés au nom et en vue de la transition de notre société qui n’a que très péniblement quitté les amarres coloniales pour essayer d’aller vers le développement, l’on n’admettait point que gouvernent ne cèdent à l’humaine faiblesse des sens face à l’argent. Il court, de nos jours encore, des histoires, sombres, douloureuses, des légendes que le peuple chuchote et qui disent la fin tragique de rares audacieux à la fortune trop soudaine, beaucoup trop soudaine… guidés par quelques notices rudimentaires qui traçait, dans l’écume et le tumulte,le destin d’une nation, de notre Cameroun, les pères fondateurs ont élevé [nous dit-on] le respect du bien de tous au rang de valeur cardinale. Puis les temps ont changé. 

Un vent de liberté a décadenassé les portes des bagnes et ouvert le champ politique à l’expression plurielle. Liberté d’agir. Et de s’enrichir. Ce qui fut fait. S’enrichir surtout. Dans un mouvement double, ironique et cynique, à la fois explosion/libération après des années de gestion quasi ascétique de la chose publique et dislocation du pacte [implicite] de solidarité. Curieux et paradoxal effet des politiques d’ajustement qui, tout en fabricant des déflatés, tout en imposant des coupes dans les salaires, les revenus, les pensions, tout en dictant des restrictions à l’embauche de personnels, ont fait de la faillite de l’État, de son affaiblissement, la première condition d’une promotion d’une caste arrogante, dans l’affichage insouciant de sa richesse, indifférente à l’abîme qui se creusait, aux inégalités qui fissurent la collectivité, ignorante des crises, des larmes, des crispations, des braises impatientes de grandir en flammes.

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