VOLTE-FACE

On ne doit pas se résigner à un devenir qui efface hardiment toute trace de subordination à la volonté, qui ne restaure point sensiblement les principes et les notions d’une militante active face aux pratiques de politiques scandaleuses. On ne doit pas se dérober, éviter, chercher seulement les possibilités de repli ou de rétractation. Ou s’aveugler de mauvaise foi, franchir le pas du retournement (de veste), se complaire de risibles grimaces démocratiques, justifier, accréditer les années souterraines, l’expérience du pire…

Après les villes mortes, les dévaluations, les plans d’ajustements, les points d’achèvement PPTE, les révisions constitutionnelles, les cendres encore fumantes d’un incendie social provisoirement maîtrisé… notre petit coin d’Afrique ne cesse d’être chahuté… Bakassi, piraterie, frontières, sécurité/insécurité, les dossiers ne manquent pas! Une somme de problèmes urgents à régler. Et qui exige qu’on s’interroge sur les moyens, les mécanismes, les structures, les concepts, pour s’arracher au fatalisme (« on va faire comment?! « ). 

Indispensable audace des lettrés et des clercs. Car il ne suffit pas de remplacer le terme « province » par le terme « région » pour opérer une politique de décentralisation. Car il ne suffit pas de poser deux casernements sur une presque-terre pour éloigner toutes les menaces que supposent  les espaces sur la longueur de la façade qui nous lie à l’Atlantique. Car il ne suffit pas d’adjoindre les lettres « Co » à un préfixe qui, jadis, disait notre fierté, pour retrouver les ailes et une compagnie de transport compétitive…

Quelques instants… prolongés. L’instant d’un voeu. Cette minute de grâce quand on a sonné minuit… L’an passé, à la même époque, nous avons pris des résolutions, formé des espoirs, prêté des serments, scellé des engagements… et alors?! Dévorés, les nombres qui disent, froids et secs, les réalités statistiques d’une année écoulée qui a vu une nation couler. Dénouées, les équations les plus complexes qui prédisent l’avenir, les transitions, les changements et tous les vents contraires quand soufflent/se bousculent toutes les envies, toutes les quêtes affamées, toutes les passions en dispute. Envasées, les illusions faciles qui voulaient que s’ouvrent, enfin, des temps plus justes comme une réaction contre toutes les manifestations d’égoïsme, d’exclusif souci de soi et de sa destinée personnelle, des temps meilleurs pour un devenir collectif porté par des gouvernants dévoués au bien de la communauté.

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