ALLEGRO
Ne pas se résigner. Ne pas se dérober. Ne pas chercher la fuite. Les possibilités de repli ou de rétractation. Ne pas écouter l’histoire de nos malheurs. Avec son cortège sardonique d’idées reçues, doctrinaires, racornies car stéréotypées. Ne pas croire aux mots épuisés. Au grand-n’importe-quoi conté par de bavardes éminences dévoyées, vanté par de vénérables patriciens accrochés à leurs strapontins, chanté par de zélés laudateurs alignés sur un catalogue de promesses épuisées, récité par de pseudo-militants serviles. Ne pas croire à ceux qui… croient aux volontés subordonnées, aux âmes damnées, aux paradis tarifés. Ne pas accepter la défaite. Chercher les idées. Inventer notre futur. Se mobiliser. Avoir de l’audace.
Les lettrés [car ils sont dans l’urgence de la pensée] peuvent sortir du conformisme douillet des cercles académiques, s’extraire des théories importées dans les bagages des logiques globalisantes des apporteurs de fonds, rompre avec les solutions indigestes des idéologues ultra-libéraux. Argumenter de nouveaux modèles. Pour accompagner un changement désormais indispensable des pratiques de notre Administration qui doit être enfin rendue capable d’offrir au citoyen un service plus rapide, plus simple, plus accessible. Proposer de nouvelles priorités. Pour assurer à notre économie un développement qui repose, par exemple, sur la consommation/valorisation des produits locaux [quand il est aujourd’hui étrange de constater qu’un jus de fruits pressés coûte plus cher qu’une boisson gazeuse embouteillée par un brasseur!]. Agencer de nouvelles constructions sociétales. Pour prolonger les dispositifs des réunions tontinières, dont les modalités sont particulièrement utiles, en les ouvrant à d’autres gammes de services comme l’acquisition de biens en copropriété ou la gestion des allocations publiques… Les vrais lettrés sont des patriotes. Insatisfaits. Impatients. Inquiets. Confiants que l’avenir appartient à ceux qui sauront métamorphoser le désenchantement en « politiques » innovatrices.


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